Sévérac d'Aveyron : un patrimoine historique

Située au cœur du pays Aveyronnais, la ville de Sévérac d'Aveyron présente un site exceptionnel, jouissant d'une vue imprenable sur les environs.

Le Château, vestige historique admirablement bien conservé et situé sur une butte dominant l'ensemble de la ville, est entouré d'une cité médiévale charmante et pittoresque.

 

Sa situation géographique en fait un lieu stratégique pour le contrôle des axes Nord-Sud (Vallée du Lot - Millavois) et Ouest-Est (Laissagais - Gévaudan). 


La Cité Médiévale de Sévérac

La cité médiévale, bâtie sur le versant sud-est de la butte (pour avoir un meilleur éclairage du soleil), était jadis protégée par un rempart et quatre portes fortifiées dont deux subsistent encore, celle du Peyrou et celle du Latazou.

 

Bâties sur un plan en arc-de-cercle, les trois rues principales (Amaury de Sévérac, Duc d'Arpajon, Belvezet) rayonnent autour de la place de la Fontaine. Sur elles débouchent d'autres rues et des carayrolles, ruelles aménagées parfois en escaliers en raison du terrain, sous des maisons, en passages couverts, voûtés ou non.

 

Répartis en 6 quartiers, artisans et commerçants prospéraient dans ces murs et, en particulier, les tisserands qui fabriquaient des cadis, tissus de laine assez épais et non peignés pour la confection, entre autres, de vêtements militaires. Draps et toiles étaient également fabriqués dans la cité et vendus, par convois d'animaux de bâts, dans le Midi de la France et jusqu'à Gênes, en Italie.

 

Elle abrite de belles demeures, avec tour-escalier, colombages et encorbellements.

Parmi les bâtiments remarquables : la maison des Consuls, la maison de Jeanne, le Sestayral qui est un marché aux grains, la fontaine romane et l'église Saint-Sauveur.


Sévérac d'Aveyron à travers les âges...

Peuplé dès la préhistoire, son occupation permanente est confirmée par l’archéologie : céramiques de l’Age du fer, gallo-romaines (sigillée), paléochrétiennes (lampe à huile), médiévales (fers de trait, mécanisme d’arbalète, crochets).

Les boulets de couleuvrines, les platines de mousquet, les éperons sont autant de témoins de l’époque moderne Le premier document attestant Sévérac provient du Cartulaire de Conques.

Il mentionne une donation de Bernard, « gratia Dei comes » (comte) et de son épouse Hermangarde, le 31 juillet 882, à l’abbaye de Conques de la « Villa de Bautone » dans la « vicaria Severiacense in pago Rutenico».

 

En 1103, le château de Sévérac apparaît dans la donation du monastère St Sauveur, cité médiévale, à Guillaume, abbé de St Chaffre par le seigneur de Sévérac.

 

La lignée des Sévérac est successivement vassale du Roi d’Aragon, du comte de Toulouse et du Roi de France. Du XIIème au XVème siècle, elle s’opposera aux comtes et évêques de Rodez.

Lors de la « croisade des Albigeois », les croisés de Simon de Montfort assiégeront la place forte.

 

A la mort d’Amaury de Sévérac (Maréchal de France, fondateur des foires et marchés alentours), les Armagnac prennent possession des lieux et instaurent le consulat pour administrer la cité médiévale. Aux XVIème et XVIIème siècles, les seigneurs d’Arpajon porteront la renommée du site à son apogée.

 

En 1679, au décès de Louis VI d’Arpajon (Duc et Pair de France, grand serviteur de l’État sous Louis XIII et Louis XIV), la lente dégradation du château s’amorce par manque d’entretien. Un incendie dévastateur en 1766 et les pillages de la Révolution Française le mènent à la ruine.

 

Le sieur Couret l’achète en 1797 et vend les pierres comme matériaux de construction, l’aile ouest et l’église moderne seront ainsi détruites. La dernière toiture s’effondre dans les années 1920. Un arrêté de 1922 puis un décret de 1932 permettent le classement au titre des Monuments Historiques. La commune de Sévérac se porte acquéreur en 1966 pour le sauvegarder. Durant ces dernières années, la butte a été stabilisée, les remparts et la chapelle restaurés.